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Covid-19 en Afrique: le rôle des banques de détail

Covid-19 en Afrique: le rôle des banques de détail

​​​​Redouane Najm-eddine : Les Banques de détail et les Caisses d’épargne seront essentiels pour juguler les effets négatifs de cette crise. 



BRUXELLES, 20 mai 2020

Le monde traverse une crise sanitaire unique dans l’Histoire de l’Humanité, sans que nul ne puisse présager ni de sa durée, ni de son ampleur.  Le COVID 19 a frappé brutalement tous les continents, toutes les populations, et toutes les couches sociales ; plus de 4 millions de cas de maladie dans le monde et environ 66 mille cas confirmés dans les 52 pays africains et selon les experts du domaine, ces chiffres pourraient augmenter considérablement lors d'une éventuelle deuxième vague de la pandémie.

​Certes, le continent Africain semble moins affecté en terme de décompte des victimes du COVID 19, cependant les répercussions économiques et sociales de cette crise sanitaire mondiale, affecteront fortement la capacité de réponse et la résilience des états africains; en effet, les mesures de confinement ont engendré un ensemble d’effets négatifs tels que : la chute des prix des matières premières, la baisse des activités de productions et de service, ainsi que la réduction des investissements, des transferts transfrontaliers et des recettes fiscales. Les conséquences du Covid-19 pourraient provoquer une contraction du Produit intérieur brut Africain de l’ordre de 22,1 à 88 milliards de dollars soit 0,7 à 2,8 points de pourcentage en 2020. 

Néanmoins, les états africains ont été amenés à prendre des mesures anticipatives et courageuses afin d’endiguer la propagation de cette pandémie et de contenir son impact économique et social ; Ils ont agi aussitôt par l’adoption, d’une part, de consignes sanitaires strictes pour préserver la santé de leurs citoyens (fermeture des frontières et des lieux publics, confinement et couvre-feu, port de masques obligatoire,…), et d’autre part, de mesures sociales et économiques pour soutenir les populations les plus fragiles et les secteurs vulnérables (mise en place de filets sociaux,  moratoire de remboursement des crédits, suspension des charges sociales, mise en place de lignes de crédits ). A ce titre, il est important de souligner les efforts entrepris par les gouvernements de pays qui sont à des stades plus avancés de l'épidémie et qui ont mobilisé leur population et fait preuve de prises d’initiatives et d’innovations dans plusieurs domaines. A ces efforts nationaux s’ajoutent les décisions prises par les principaux bailleurs de fonds internationaux et régionaux (Banque Mondiale, FMI, BAD ..) pour fournir aux Etats africains un soutien budgétaire d'urgence, rapide, rentable et ciblé grâce à des processus d'approbation accélérés pour les interventions dans les domaines prioritaires.

​Par ailleurs, et afin de limiter l’impact de cette crise sur le système bancaire (suite à la baisse drastique de l’activité et des revenus, aux défauts de paiement et à la dégradation du portefeuille), l’intervention des Banques centrales est plus que nécessaire, pour décréter les mesures et dispositions monétaires et prudentielles idoines telles que révision du Taux directeur, nouvelles lignes de liquidités, instruments de refinancement, exigences en matière de liquidités, de fonds propres, de provisionnement des créances ...

De leur côté, les banques de détail et les caisses d’épargnes sont conscientes du rôle qu’elles doivent jouer pour amenuiser autant que possible les effets de cette crise sur les populations et notamment les plus vulnérables ; elles ont tous les atouts pour continuer à soutenir l’économie réelle, à protéger leurs clients (particuliers, indépendants, TPE et PME) dans cette période critique et pour confirmer, si besoin est, leur engagement social et inclusif : (i) connaissance et proximité avec l’ensemble du tissu social, (ii) accessibilité de leurs produits, (iii) capillarité de leurs réseaux, (iv) mobilisation de leurs ressources humaines. 

En poursuivant leurs efforts d’éducation financière et digitale de la population et de soutien financier de leurs clients en difficulté, nous restons convaincus du rôle prépondérant et crucial des banques de détail et caisses d’épargnes, pour contribuer grandement à la sortie de cette crise et à la relance de l’économie de leur Pays.

Enfin, nous sommes convaincus que la sortie de la crise et la relance économique ne seront possibles qu’à travers, la solidarité et la communion des efforts des états comme des individus. 


Redouane Najm-eddine 

Président du Directoire d'Al Barid Bank (Maroc) et Président du Groupe Régional Afrique de WSBI



ENGLISH VERSION



Africa and the Covid-19 Pandemic

Savings and retail banks play a crucial role in mitigating the negative effects of this crisis


BRUSSELS, 20 May 2020


The world is going through a unique health crisis in human history without anyone being able to predict either its duration nor its magnitude.

Covid-19 has struck brutally on all continents, all populations, and all social strata; there are more than 4 million cases of the disease worldwide and around 66,000 confirmed cases in the Africa's 52 countries, and according to experts in the field, these figures could rise considerably in a possible second wave of the pandemic.

Although the African continent seems less affected in terms of the number of victims of Covid-19, the economic and social repercussions of this global health crisis will strongly affect the response capacity and the resilience of African states. Indeed, containment measures have generated a series of negative effects such as the fall in raw material prices, the drop in production and service activities, as well as the reduction in investments, cross-border transfers and tax revenues. The consequences of Covid-19 could cause African gross domestic product to contract by around $22.1 billion to $88 billion, or 0.7 to 2.8 percentage points in 2020.

Nevertheless, African states are driven to take anticipatory and courageous measures to stem the spread of this pandemic and to contain its economic and social impact. They must act as soon as possible by adopting strict health instructions to preserve the health of their citizens  closingborders and public places, confinement and curfews, compulsory wearing of masks, on the one hand​, and social and economic measures to support the most fragile populations and vulnerable sectors on the other. Those measures include creating social safety nets, moratorium on the repayment of loans, suspension of social security contributions, establishment of credit lines).

In this respect, it is important to highlight the efforts undertaken by the governments of countries which are at more advanced stages of the epidemic and that have mobilized their populations and demonstrated initiatives and innovation in several fields.

In addition to these national efforts, there are initiatives put in place by the main international and regional donors – World Bank, IMF, African Development Bank, among others – ​to provide African states with rapid, cost-effective and targeted emergency budget support thanks to accelerated approval processes for interventions in priority areas.

In addition, and in order to limit the impact of this crisis on the banking system ​ namely a drastic drop in activity and income, payment defaults and deterioration of the portfolio ​ the intervention of central banks is more than necessary to decree the appropriate monetary and prudential measures and provisions such as revision of the key interest rate, new liquidity lines, refinancing instruments, liquidity requirements, equity, provisioning of receivables, among others.

For their part, retail banks and savings banks are aware of the role they must play to minimise the effects of this crisis on populations, in particular the most vulnerable. They have all the assets to continue to support the real economy, to protect their customers  be it individuals, self-employed, very small businesses and SMEs ​ during this critical period and to confirm, if necessary, their social and inclusive commitment. That commitment is build upon: (i) knowledge of and proximity to the entire social fabric, (ii) accessibility of their products, (iii) capillarity of their networks, (iv) mobilization of their human resources.

By continuing their efforts to educate the population in financial and digital literacy and to provide financial support to their clients in difficulty, we remain convinced of the preponderant and crucial role of retail banks and savings banks, in contributing greatly to overcoming this crisis and to the economic recovery of their country.

Finally, we are convinced that the way out of the crisis and economic recovery will only be possible through the solidarity and joint efforts of states as well as individuals.



Redouane Najm-eddine

Chief Executive Officer, Al Barid Bank (Morocco) and President, WSBI Africa Regional Group